Les agonistes du récepteur GLP-1 sont des médicaments qui imitent une hormone naturelle du corps, le peptide glucagon-like-1. Cette hormone aide à réguler la glycémie en stimulant la production d’insuline et en réduisant la libération de glucagon. Mais elle a aussi un autre effet puissant : elle ralentit le vidage de l’estomac et augmente la sensation de satiété. C’est pour ça qu’au départ, ces médicaments ont été créés pour traiter le diabète de type 2. Aujourd’hui, ils sont devenus l’un des outils les plus efficaces pour la perte de poids. Des noms comme Wegovy, Ozempic, Mounjaro et Victoza sont partout. Et pour cause : les essais cliniques montrent une perte de poids moyenne de 15 à 20 % du poids corporel à la dose maximale. Mais ce n’est pas sans effet secondaire. La nausée est le problème le plus courant - et le plus redouté.
La nausée n’est pas un simple inconvénient. C’est le prix à payer pour l’effet principal du médicament. En ralentissant le vidage de l’estomac, les GLP-1 font que la nourriture met plus de temps à passer dans l’intestin. C’est exactement ce qui fait que vous vous sentez rassasié plus longtemps. Mais ce même ralentissement peut provoquer une sensation de lourdeur, de distension, voire de vomissements. Selon les données de l’Agence nationale de sécurité du médicament, entre 20 % et 30 % des patients ressentent des nausées au début du traitement. À la dose maximale, ce chiffre monte à 30-45 %. Ce n’est pas une coincidence : plus la dose est élevée, plus l’effet sur l’estomac est fort. Des études sur Reddit montrent que 68 % des utilisateurs ont connu des nausées pendant l’augmentation de dose. Mais la bonne nouvelle ? 72 % d’entre eux ont vu les symptômes s’atténuer après 2 à 4 semaines à chaque nouvelle dose.
La clé pour réduire les effets secondaires, c’est la progression lente. Aucun médecin ne vous donnera la dose maximale dès le départ. Voici comment ça marche pour les principaux médicaments :
La progression est intentionnellement lente. C’est pour permettre à votre estomac de s’adapter. Si vous sautez une étape ou augmentez trop vite, les nausées risquent de devenir intenses - et de vous pousser à arrêter. Des spécialistes comme le Dr Allison L. Rhodes, de l’Ohio State University, soulignent que cette méthode est conçue pour « permettre au corps de s’acclimater ».
Vous ne devez pas supporter la nausée en silence. Voici les stratégies les plus efficaces, validées par les patients et les médecins :
Sur TikTok, plus de 78 % des vidéos sur #GLP1SideEffects parlent de ces astuces. Et les patients qui les suivent ont 89 % de chances de garder le traitement et d’atteindre une perte de poids de 5 % ou plus. Ceux qui arrêtent à cause des nausées ne perdent que 47 % de chances de réussite.
La nausée légère et passagère est normale. Mais si vous avez des symptômes plus graves, il faut agir :
Si vous avez l’un de ces signes, contactez votre médecin. Il peut vous proposer de rester à la dose actuelle plus longtemps, ou de revenir à la dose précédente. Certains patients ont besoin de plus de temps pour s’adapter - et c’est parfaitement normal. Le Dr David Ludwig, de l’Université de Harvard, rappelle que « des nausées persistantes peuvent signifier qu’il faut ajuster la dose ou arrêter le traitement ». Ce n’est pas un échec. C’est une adaptation.
La nausée est la plus connue, mais ce n’est pas la seule :
Les études à long terme montrent aussi un risque potentiel de tumeurs de la thyroïde chez les rats. Mais aucun cas n’a été confirmé chez l’homme. L’Agence américaine des médicaments (FDA) exige un programme de surveillance pour tous les GLP-1, mais ce risque reste très faible pour les humains.
Beaucoup de patients s’attendent à perdre du poids dès la première semaine. Ce n’est pas le cas. Au cours des 8 premières semaines, la perte moyenne est de seulement 2 à 3 %. Ce n’est pas une déception : c’est normal. Le corps s’adapte. La vraie perte commence vers la 12e à 16e semaine. À 68 semaines, les patients sur Wegovy perdent en moyenne 14,9 % de leur poids. Sur Mounjaro à 15 mg, c’est 20,9 %. Ce sont des chiffres exceptionnels. Mais ils viennent avec du temps.
Le marché des GLP-1 explose. En 2022, les ventes mondiales ont atteint 17,8 milliards de dollars. En 2023, la FDA a approuvé Zepbound, la version de tirzepatide pour la perte de poids. Et en 2025, une version orale de semaglutide devrait arriver. Elle pourrait réduire les nausées, car elle est absorbée différemment. Mais pour l’instant, les injections restent la norme.
Le prix est un frein : entre 9 000 et 13 000 euros par an sans assurance. Mais de plus en plus d’entreprises - 32 % des grandes entreprises aux États-Unis - couvrent ces traitements. En France, la couverture est encore limitée, mais les discussions avancent.
Si malgré tout, les effets secondaires sont insupportables, vous avez d’autres options. Des traitements comme le liraglutide (Victoza) ont un profil de nausées légèrement plus doux. Il existe aussi des alternatives non-GLP-1, comme le phentermine-topiramate ou les nouveaux médicaments en cours de développement. Mais aucune n’a encore montré autant d’efficacité pour la perte de poids durable.
Le plus important ? Ne vous sentez pas coupable si vous devez arrêter. Ce n’est pas une faiblesse. C’est votre corps qui parle. La perte de poids n’est pas une course. C’est un parcours. Et il y a plusieurs chemins pour y arriver.
Oui, pour la majorité des patients. Selon les données de la FDA et des études cliniques, environ 70 à 80 % des personnes voient leurs nausées s’atténuer ou disparaître complètement après 4 à 8 semaines à la dose maintenue. C’est pourquoi les médecins insistent sur la patience pendant la phase d’augmentation de dose. Le corps s’adapte progressivement à l’effet de ralentissement gastrique. Arrêter trop tôt signifie perdre l’opportunité de bénéficier pleinement du traitement.
Oui, mais avec prudence. Les anti-nausées comme le dimenhydrinate ou le metoclopramide peuvent aider à court terme. Cependant, ils ne traitent pas la cause. Certains peuvent interagir avec d’autres médicaments ou provoquer des effets secondaires comme la somnolence. Il est préférable d’essayer d’abord les ajustements alimentaires et le gingembre. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin pour un avis personnalisé.
La perte de poids avec les GLP-1 inclut à la fois de la graisse et un peu de muscle, comme la plupart des régimes. Mais des études montrent que la proportion de muscle perdu est plus faible qu’avec les régimes restrictifs classiques. Pour préserver le muscle, combinez le traitement avec une alimentation riche en protéines (1,6 à 2 g de protéines par kg de poids idéal) et une activité physique modérée, comme la marche ou la musculation légère. Cela aide à maintenir la masse musculaire tout en perdant de la graisse.
Il n’y a pas de durée fixe. Certains patients s’arrêtent après avoir atteint leur objectif de poids. D’autres restent sur traitement à long terme, car les GLP-1 agissent aussi sur le cerveau pour réduire les envies de manger. Arrêter brutalement peut entraîner une reprise de poids. Les essais comme SELECT ont montré que les bénéfices cardiovasculaires persistent tant que le traitement continue. C’est pourquoi de nombreux médecins recommandent de le garder comme un traitement chronique, comme pour l’hypertension ou le diabète.
Oui. Les médicaments comme Wegovy et Zepbound sont approuvés spécifiquement pour la perte de poids chez les personnes sans diabète, à condition d’avoir un IMC élevé ou des facteurs de risque métaboliques. Le risque de nausées est le même, mais les effets bénéfiques sur la pression artérielle, le cholestérol et la santé cardiaque sont réels. L’étude SELECT (2023) a montré une réduction de 20 % des événements cardiovasculaires chez les patients obèses sans diabète. Ce n’est pas juste un traitement pour perdre du poids - c’est un outil de prévention.
Si vous envisagez un traitement GLP-1, ne vous précipitez pas. Parlez à un médecin spécialisé en obésité ou en endocrinologie. Faites un bilan complet : poids, taux de sucre, pression artérielle, antécédents digestifs. Posez les bonnes questions : « Quelle dose commence-t-on ? », « Quels sont les signaux d’alerte ? », « Comment suivre l’évolution ? ».
Et si vous êtes déjà en traitement : soyez patient. La première semaine est la plus dure. Mais ce n’est que le début. La plupart des gens qui tiennent au-delà de 12 semaines réussissent. Et ce n’est pas seulement une question de poids. C’est une question de santé, d’énergie, de confiance. Le chemin est long, mais il vaut la peine d’être suivi.
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