Chaque jour, des milliers de personnes prennent leurs médicaments à la maison en pensant faire correctement leur devoir. Pourtant, une étude du National Center for Biotechnology Information en 2023 révèle que 41,6 % des infirmières travaillant à domicile ont signalé avoir commis au moins une erreur médicamenteuse au cours de la dernière année. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Les erreurs à la maison - où il n’y a pas de personnel médical pour vérifier - sont souvent invisibles, mais elles peuvent être mortelles.
Les erreurs les plus courantes ? Donner la mauvaise dose, oublier un comprimé, prendre un médicament trop souvent, ou pire : administrer le mauvais médicament. Pour les enfants, c’est encore plus grave. Selon l’Université de Californie à Davis, un enfant subit une erreur médicamenteuse à la maison toutes les 8 minutes. Et la plupart de ces erreurs viennent d’un simple malentendu : confondre la concentration d’un sirop pour bébé avec celle d’un sirop pour enfant, ou donner de l’ibuprofène alors que le médicament contre la fièvre contient déjà de l’acétaminophène.
Les personnes de plus de 75 ans qui prennent cinq médicaments ou plus ont 38 % de risques en plus de commettre une erreur. Pourquoi ? Parce que la mémoire diminue, les yeux faiblissent, et les boîtes de médicaments se multiplient. Une personne peut avoir 10 flacons sur la table du petit-déjeuner, chacun avec une instruction différente. Le risque de mélanger les comprimés devient énorme.
Et ce n’est pas seulement une question de mémoire. Beaucoup de personnes âgées ne disent pas qu’elles ne comprennent pas les instructions. Elles ont peur d’avoir l’air stupides. Elles prennent donc un comprimé « comme d’habitude », même si la dose a changé. Résultat ? Une surdose de béta-bloquants, une hypoglycémie, ou un saignement interne à cause d’un anticoagulant mal dosé.
La solution ? Un plan de médication simple. Utilisez un distributeur hebdomadaire avec des compartiments marqués : matin, midi, soir, nuit. Écrivez à côté de chaque compartiment : « 5 mg de lisinopril - pour la tension » ou « 10 mg de simvastatine - pour le cholestérol ». Et demandez à un proche de vérifier une fois par semaine. Pas besoin d’être infirmier. Juste d’être attentif.
Les médicaments pour bébés sont souvent plus concentrés que ceux pour enfants. Le sirop de paracétamol pour bébés contient 80 mg/ml, tandis que celui pour enfants de 2 à 11 ans contient 160 mg/ml. Si vous donnez 5 ml du sirop pour bébé en pensant que c’est le même que celui pour enfants, vous donnez deux fois la dose recommandée.
Et puis il y a les médicaments combinés. Un sirop contre la toux peut contenir de l’acétaminophène, du décongestionnant, et un antihistaminique. Si vous donnez aussi un comprimé contre la fièvre, vous doublez la dose d’acétaminophène. Résultat ? Une surdose silencieuse. L’organisme ne réagit pas tout de suite. Mais après 24 à 48 heures, le foie commence à se détériorer.
Voici ce qu’il faut faire :
Une étude du Nursing Home Abuse Center en 2023 montre que 27 % des erreurs médicamenteuses chez les patients à domicile commencent à l’hôpital. Un patient sort avec une liste de médicaments, mais la liste est mal écrite. Ou alors, le médecin a changé la dose, mais l’infirmière n’a pas mis à jour la fiche. Ou encore, le patient reçoit un nouveau médicament, mais on ne lui explique pas pourquoi il le prend.
Quand vous quittez l’hôpital, posez ces trois questions :
Et demandez à quelqu’un de vous accompagner. Une personne qui entend les explications pourra les rappeler plus tard. Si vous avez des doutes, appelez votre médecin ou votre pharmacien. Ne laissez pas la peur vous empêcher de poser la question.
Vous n’avez pas besoin d’être un expert pour éviter les erreurs. Voici un système simple, testé par des familles et des professionnels :
Vous n’êtes pas seul. Si vous avez le moindre doute sur un médicament, appelez votre pharmacien. Il connaît les interactions, les doses, les contre-indications. Il peut vous dire si un médicament est encore bon, ou si une dose est trop élevée.
Et si vous voyez un signe d’alerte : vomissements soudains, somnolence extrême, peau jaunâtre, rythme cardiaque irrégulier, confusion - appelez immédiatement les secours. Une erreur médicamenteuse peut prendre des heures, voire des jours, pour se manifester. Mais quand elle se déclare, elle peut être rapide et grave.
Beaucoup de gens se sentent coupables après avoir donné une mauvaise dose. Mais ce n’est pas votre faute. C’est le système qui est compliqué. Les étiquettes sont mal écrites. Les instructions sont trop rapides. Les médicaments se ressemblent. Les médecins sont surchargés. Et vous, vous essayez juste de soigner votre enfant ou votre parent.
Le vrai problème, ce n’est pas vous. C’est que personne ne vous a appris à naviguer dans ce labyrinthe. Mais maintenant, vous savez. Vous savez vérifier les doses. Vous savez lire les étiquettes. Vous savez demander. Et c’est déjà un grand pas.
La sécurité médicamenteuse, ce n’est pas une question de perfection. C’est une question de vigilance. Et vous venez de faire un grand pas vers plus de sécurité.
La cause la plus fréquente est la mauvaise mesure des doses, surtout avec les sirops pour enfants. Beaucoup de gens utilisent une cuillère de cuisine au lieu du doseur fourni avec le médicament, ce qui peut entraîner une surdose de 50 à 100 %. Les études montrent que plus de 70 % des erreurs chez les enfants viennent de cette confusion.
Non, jamais. Même si les symptômes semblent identiques, les dosages, les allergies et les interactions médicamenteuses varient d’une personne à l’autre. Ce qui est sûr pour votre enfant peut être dangereux pour vous, et inversement. Les médicaments sont prescrits pour un individu précis, avec son historique médical.
Oui, les médicaments génériques sont aussi sûrs que les médicaments de marque. Ils contiennent le même principe actif, à la même dose, et sont contrôlés par les mêmes normes. La seule différence est le nom et le prix. Le problème vient quand on confond un générique avec un autre médicament à cause de l’emballage différent. Toujours vérifier le nom du principe actif sur l’étiquette.
Ne paniquez pas. Appelez immédiatement le centre antipoison ou votre pharmacien. En France, composez le 01 40 05 48 48. Préparez les informations : nom du médicament, dose donnée, heure, âge et poids de la personne. Même si vous ne voyez aucun symptôme, il est crucial d’obtenir des conseils. Certains effets peuvent apparaître plusieurs heures plus tard.
Regardez la date de péremption sur l’emballage ou le flacon. Pour les sirops, vérifiez aussi l’odeur et la couleur. Si le liquide est trouble, a une odeur étrange ou contient des particules, jetez-le. Même si la date est passée depuis peu, la puissance du médicament peut avoir diminué, ou il peut s’être dégradé. Ne prenez jamais un médicament dont vous n’êtes pas sûr.
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