Un générique autorisé est un médicament exactement identique à la version de marque : même ingrédient actif, même dosage, même forme (comprimé, gélule, injection), même fabrication, même contrôle qualité. La seule différence ? Il est vendu sans le nom de marque. Il n’est pas un « imitation » - c’est la même pilule, sortie du même atelier, parfois même dans la même boîte, mais avec une étiquette différente.
Contrairement aux génériques classiques, qui doivent passer par une demande d’approbation spécifique (ANDA), les génériques autorisés sont commercialisés sous l’autorisation originale de la marque (NDA). Cela signifie qu’ils n’ont pas besoin de réprouver leur efficacité ou leur sécurité : ils sont déjà validés par la FDA. Ils sont souvent produits par la même entreprise qui fabrique le médicament de marque, ou par un partenaire désigné avec son accord explicite.
La réponse est simple : ils n’ont pas les coûts de marketing, de publicité ou de recherche qui pèsent sur les médicaments de marque. Les laboratoires qui créent un nouveau médicament dépensent des milliards pour le développer, le tester, le faire approuver, puis le promouvoir auprès des médecins et du grand public. Ces coûts sont intégrés au prix du produit.
Quand le brevet expire, n’importe qui peut produire le médicament - mais les génériques autorisés ne sont pas des concurrents classiques. Ils sont lancés par la marque elle-même, ou avec son accord, pour contrer la concurrence. Leur but ? Ne pas laisser un seul générique prendre tout le marché pendant les 180 jours d’exclusivité. En proposant une version identique, mais moins chère, la marque garde une part du marché et empêche le premier générique de fixer un prix élevé.
Résultat ? Le prix du générique autorisé est généralement 4 à 8 % inférieur à celui de la version de marque. Ce n’est pas une réduction énorme, mais elle est immédiate. Et elle pousse les autres génériques à baisser leurs prix aussi.
Imaginez que le brevet d’un médicament expire. Traditionnellement, le premier fabricant de générique entre sur le marché et profite d’une période de 180 jours sans concurrence directe. Pendant ce temps, il peut fixer un prix élevé - parfois jusqu’à 80 % du prix de la marque.
Mais si la marque lance un générique autorisé en même temps ? Tout change. Le premier générique ne peut plus monopoliser le marché. Il doit baisser son prix dès le premier jour pour rester compétitif. Les données de la FTC montrent que cette simple présence fait chuter les prix de 7 à 14 % au niveau des grossistes, et de 4 à 8 % chez les pharmaciens.
Et ce n’est pas tout. Lorsque le générique autorisé est présent, les pharmacies paient 13 à 18 % moins cher pour les nouveaux génériques. Dans les catégories où les patients sont fidèles à la marque - comme les médicaments pour le cœur ou le cerveau - les baisses de prix sont encore plus marquées.
Les laboratoires ne lancent pas de génériques autorisés par générosité. C’est une stratégie. Leur objectif ? Protéger leur revenu. Quand un médicament perd son brevet, ils risquent de perdre jusqu’à 90 % de leurs ventes en un an. En lançant un générique autorisé, ils conservent une part du marché, souvent entre 15 et 25 %, pendant la première année de concurrence.
Parfois, cette stratégie est utilisée dans des accords de règlement de litiges avec les fabricants de génériques. La marque accepte de lancer un générique autorisé en échange d’un délai avant l’entrée d’un autre générique. Cela a été critiqué par la FTC : certains estiment que cela ralentit la concurrence au lieu de l’accélérer.
Exemple : en 2016, Mylan a lancé une version générique autorisée de l’EpiPen à 300 $, soit la moitié du prix de la version de marque à 600 $. Ce coup a été vu comme une réponse à la pression publique après une hausse de prix de 500 % en neuf ans. Mais il a aussi permis à Mylan de garder une part du marché sans être accusé d’exploitation.
Parfaitement. Puisqu’ils sont fabriqués dans les mêmes usines, avec les mêmes processus, et sous la même autorisation que la version de marque, leur qualité est identique. La FDA les surveille exactement comme les médicaments de marque. Il n’y a aucun risque supplémentaire.
En fait, certains patients préfèrent les génériques autorisés parce qu’ils savent qu’ils viennent du même producteur. Ils n’ont pas à s’inquiéter des différences mineures de formulation qui peuvent parfois exister entre différents génériques classiques.
Si votre assurance couvre les génériques autorisés au même niveau que les génériques classiques, vous payez moins. En moyenne, les patients qui passent d’un médicament de marque à un générique autorisé voient leur facture réduite de 15 à 30 %, selon leur plan.
Une étude sur 1,2 million de patients en 2022 a montré que l’adhésion au traitement augmentait de 8,2 points de pourcentage quand le générique autorisé était facilement accessible et placé sur le même niveau de remboursement que les autres génériques. C’est important : si le plan d’assurance favorise la marque, les patients ne bénéficient pas de la réduction.
Le problème ? Les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBMs) décident où placer chaque médicament sur leurs listes de remboursement. Certains les mettent au même niveau que la marque, d’autres les placent en dessous. Vous ne savez pas toujours ce que vous payez réellement - sauf si vous vérifiez votre facture.
Le modèle des génériques autorisés est moins répandu en Europe. En France, la politique de prix est très encadrée. Les génériques sont obligatoirement moins chers que les marques - souvent de 30 à 60 % - dès leur entrée sur le marché. Le système de remboursement est différent : l’État fixe les prix, pas les laboratoires. Il n’y a pas de période d’exclusivité de 180 jours, donc pas besoin de stratégie de contournement.
Cela dit, les mêmes principes s’appliquent : plus il y a de concurrents, plus les prix baissent. En France, les génériques classiques ont déjà fait chuter les prix de manière massive. Les génériques autorisés n’ont pas encore trouvé leur place ici, mais ils pourraient le faire si les laboratoires cherchent à protéger leurs marges sur des médicaments très rentables.
Le générique autorisé n’est pas la solution miracle, mais c’est un outil puissant pour faire baisser les prix - quand il est bien utilisé. Il ne s’agit pas de choisir entre « marque » et « générique » : il s’agit de choisir entre « marque », « générique classique » et « générique autorisé ». Et parfois, le dernier est le meilleur.
Benoit Dutartre
30 01 26 / 07:21C'est pas un coup des labos pour nous faire croire qu'ils nous aident ? Je parie que le vrai générique, celui qu'on voit dans les boîtes sans logo, il est encore plus bas prix... mais personne n'en parle. Ils veulent qu'on pense qu'ils sont sympas, mais c'est juste du marketing en costume blanc.
Régis Warmeling
30 01 26 / 20:32On croit qu'on achète une pilule, mais en fait on achète une histoire. La marque, c'est la légende. Le générique autorisé, c'est la vérité nue. Et pourtant, on préfère la légende. Pourquoi ? Parce que la vérité, elle fait peur. Elle n'a pas de nom. Elle n'a pas de publicité. Elle n'a pas de rêve. Elle est juste là. Et c'est ça qui nous dérange.
James Venvell
31 01 26 / 14:38Ah oui bien sûr, les labos sont des saints maintenant. Ils nous font un cadeau en nous vendant la même pilule à 5 % moins cher. Et pendant ce temps, ils paient leurs PDG en jets privés. C’est touchant. Vraiment. J’espère que leur comptable pleure en lisant ce post.
karine groulx
1 02 26 / 00:20Selon les données de la FTC publiées en 2021, l’impact marginal des génériques autorisés sur les prix de gros est statistiquement significatif à p < 0,01, mais cet effet s’atténue considérablement après 90 jours. Il convient de noter que la corrélation observée ne démontre pas une causalité directe, car les variables de contrôle (comme la concurrence des génériques indépendants et les négociations des PBMs) ne sont pas toujours isolées dans les études disponibles. Une méta-analyse récente (JAMA, 2023) confirme une baisse moyenne de 6,2 %, avec une variance inter-échantillons de ±2,7 %.
Clément DECORDE
2 02 26 / 16:15Si tu as un médicament qui te fait du bien, demande à ton pharmacien s’il y a un générique autorisé. Souvent, c’est le même produit, juste sans le logo. Et si ton assurance le met au même prix que la marque, change de plan. C’est pas compliqué. Tu paies moins, tu prends la même pilule. Point.
Anne Yale
3 02 26 / 02:32En France, on a déjà tout ça en mieux. On n’a pas besoin de ces trucs américains avec leurs 180 jours d’exclusivité et leurs combines de laboratoires. Nos génériques sont à 50 % moins chers, et on n’a pas besoin de déchiffrer des listes de remboursement pour savoir ce qu’on paie. On est mieux. Point.
Frank Boone
4 02 26 / 01:15Ah ben écoute, moi j’ai testé le générique autorisé de mon antihistaminique. C’était exactement la même chose. Mais mon pharmacien belge, il m’a dit : « Tu sais, c’est la même usine que la marque, mais ils ont changé l’étiquette. » J’ai rigolé. Et j’ai économisé 12 euros. Bon, je suis belge, mais je reconnais que les Américains ont un truc avec les détails. C’est pas mal, en fait.